Impression 3D

Impression 3D : quel logiciel choisir ?

Richard Maillot Astuces, Savoirs 0 Commentaire

Voilà une question toujours un peu compliquée en apparence mais qui, dans les faits, est plus simple qu’il n’y paraît.
En effet, tous les logiciels capables d’exporter un fichier au format STL (stéréo lithographie) peuvent générer un fichier pour l’impression 3D.
À l’image de la 2D avec des fichiers vectoriels (Illustrator) d’un côté et des fichiers pixellisés (Photoshop) de l’autre, il existe deux mondes dans la 3D… le monde du maillage polygonal, plus en adéquation avec un usage pour le film de divertissement et l’illustration et le monde du maillage surfacique pour l’utilisation industrielle plus communément appelée CAO.

Ces deux mondes ont évolué pour se mélanger l’un à l’autre au fil des années et au gré des avantages et des inconvénients de chacun.
Le monde du maillage surfacique a vu apparaître des outils de modélisation organique pour créer des objets (aux formes plus arrondies) normalement utilisés dans le monde du maillage polygonal. La CAO est donc devenue un outil industriel mais surtout un outil de design aux formes de plus en plus élaborées.
Le monde du polygonal quant à lui, produit du « beau » au niveau du rendu visuel. Les outils utilisés sont de plus en plus techniques et de plus en plus précis. Pour exemple, la subdivision polygonale permet d’augmenter la finesse d’une forme de manière exponentielle. C’est un outil très précis qui dépasse maintenant la puissance de travail des outils surfaciques.
Ainsi, tous les logiciels en fait peuvent produire un fichier imprimable en 3D.

Impression 3D

Comment donc orienter son choix ?

Si on souhaite créer un fichier qui soit utilisable de manière industrielle et qui puisse aboutir à la production d’un prototype, notre choix va se porter sur des logiciels très techniques : Catia, SolidWorks et SolidEdge (Dassault Systèmes), Alias et Inventor (Autodesk) mais aussi Rhino 3D, un logiciel bien pratique, peu onéreux comparé aux précédents, facile d’utilisation et d’une approche très intuitive.
Voilà pour les plus courants. Il existe aussi d’autres logiciels plus « exotiques » dont Form Z.

Ces logiciels sont des outils surfaciques qui permettent de modéliser grâce à des courbes isométriques. Celles-ci servent de support à la forme qui, elle-même, va devenir la surface.
On peut, grâce à ces logiciels, vérifier la structure de l’objet, la qualité de la conception et valider les contraintes liées au prototype d’objet et à l’environnement industriel.
Les outils polygonaux, eux, autorisent la production d’objets un peu moins précis. Dans ce cas, la liste des logiciels est longue mais parmi les plus courants, nous citerons : Maya, 3ds Max (Autodesk), Modo (Foundry), Cinema 4D (Maxon), Lightwave (Newtek), ZBrush (Pixologique).
Comme pour les logiciels surfaciques, les tarifs sont très variables. Blender, lui, est gratuit !

Impression 3D

Qu’importe le logiciel choisi, qu’il soit surfacique ou polygonal, le résultat à la sortie sera le même : vous obtiendrez un fichier STL qui est un ensemble de coordonnées de points dans l’espace et donc polygonal !
Dans ce fichier STL, la totalité des triangles doit être dans le bon sens (on parle dans ce cas de normales), complètement fermée, sans trous et sans surfaces dégénérées. En effet, l’impression 3D ne peut imprimer que des volumes de matière.
Même si vous utilisez un fichier dont la précision est de l’ordre du micron, le fichier produit à la sortie sera un fichier polygonal.
La différence réside dans la facilité d’exploitation des maillages obtenus.

Pour finir, les contraintes à prendre en compte pour réaliser des fichiers destinés à l’impression 3D sont donc les suivantes : le prix du logiciel sur lequel vous allez travailler et le temps dont vous disposez pour appréhender l’usage de celui-ci. Les logiciels polygonaux sont plus simples à apprendre mais depuis quelques années déjà, des logiciels comme Rhino 3D ont considérablement évolué pour rendre la conception d’objets surfaciques plus intuitive et proche de la logique polygonale grâce à l’outil T-Splines notamment.

Sur Mac, le nombre des logiciels est malheureusement un peu limité. Maya et Rhino 3D fonctionnent bien sûr mais il ne faut pas oublier des softs comme Cinema 4D ou ZBrush, un outil de sculpture très puissant.
Toutefois, on se demande pourquoi Apple ne développe plus ses ordinateurs pour un usage optimisé de la 3D, entre autres…
Sur PC, la question ne se pose pas car tout fonctionne parfaitement.

En conclusion, je vous engage à tester et essayer les logiciels afin de mieux comprendre leur approche 3D. Ne vous fiez pas uniquement à quelques forums ou aux conseils d’un ami (aussi avisés soient-ils !). Faites-vous votre propre idée. Ces logiciels sont tous chronophages, et plus ou moins accessibles, selon votre niveau… Il faut donc mieux privilégier le logiciel avec lequel vous vous sentez le plus à l’aise plutôt que celui qui répond techniquement à votre problématique mais dans lequel vous pataugez !

FacebookTwitterGoogle+LinkedInDelicious

À propos de l'auteur

Richard Maillot

Facebook Twitter