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Matthieu Marseille : les conseils d’un développeur front-end aguerri

Jean loup Fusz Savoirs 0 Commentaire

Matthieu Marseille, développeur front-end à l’agence Fullsix faisait partie des membres du jury de la première formation certifiante « Chargé de création Web » chez Pyramyd. Quelques semaines après la présentation des projets, il revient sur cette expérience et nous fait part de ses impressions.

Qui êtes-vous ? Que faites-vous, comment êtes-vous arrivé là ?
Je m’appelle Matthieu Marseille, je suis actuellement développeur front-end senior au sein du groupe Fullsix, dans une équipe technique dédiée. Mon travail consiste à développer des sites et applications Web interactive et présentant tout type de contenu, pour tout type de mode de consultation, anticiper les contraintes et problématiques potentielles, et amener mon savoir-faire pour garantir la qualité des livrables.

Je suis autodidacte de formation, avec un parcours assez atypique : ayant arrêté les études assez jeune, je ne m’étais pas particulièrement destiné à entrer dans le milieu de la communication, mon ambition était de réaliser des jeux vidéos.

A cet effet, j’ai monté une entreprise de multimédia, ce qui s’en approchait le plus, il y a 15 ans maintenant ; cette entreprise réalisait des jeux vidéos en Flash à l’époque, ainsi que divers supports de communication, sites Web, plaquettes… J’ai commencé par être graphiste au sein de cette entreprise, et c’est ainsi que je suis entré dans le domaine de la communication ; d’abord orienté Print, puis Web, puis vidéo, j’ai fini par faire de la 3D, toujours dans l’optique de m’orienter vers la réalisation de jeux vidéos.

Après avoir passé 13 ans en tant que graphiste, j’ai eu envie de me tourner vers autre chose : j’avais souvent côtoyé des développeurs au cours de ma carrière, et c’est un domaine qui m’attirait, sans que je n’ai jamais eu l’occasion de franchir le pas. J’ai eu l’opportunité d’entrer dans le groupe Fullsix en tant que développeur junior, je n’y connaissais pas grand-chose et j’ai tout appris sur le tas, en suivant notamment des formations (à l’accessibilité, par exemple).

Le développement donne l’opportunité de s’attacher à la qualité du code servi et de mettre en place des bonnes pratiques telles que l’accessibilité, et c’est ce qui m’attire le plus dans ce métier. C’est aussi un métier plus tourné vers la conception que vers l’essai, qui laisse moins de place au hasard.

On dit que le Web est un univers en perpétuelle évolution, à la fois en termes de technicité et d’usages. Quelles sont, d’après votre expérience, les évolutions les plus notables de ces dernières années et celles sur le point d’éclore ?
C’est un fait, le Web évolue très vite, c’est en partie lié à l’évolution des possibilités offertes par les navigateurs et les supports de consultation du Web (en particulier les mobiles, les tablettes), et ça devrait continuer ainsi quelques années encore. Cela vient aussi du fait que l’accès à Internet se démocratise de plus en plus, et que le Web devient de plus en plus une véritable plate-forme collaborative, un support de travail partagé, d’échanges.

A mon sens, les changements les plus notables ces dernières années sont d’une part l’évolution des langages de base du Web, Html, Css et Javascript, évolution qui permet de renouer avec ces langages natifs du web, de se rapprocher des standards et des bonnes pratiques, sans avoir à utiliser de solutions tierces fermées pour présenter du contenu (type Flash pour les vidéos il y a encore peu).

Il est maintenant possible de présenter du contenu audio, vidéo, mais aussi 3D (WebGl) directement dans une page Web ou une application, de manière interactive, choses qui étaient impensables il y a encore moins de 5 ans. Mais il est aussi possible d’intégrer des pratiques telles que l’accessibilité dans son code bien plus simplement, avec des résultats bien plus efficaces qu’auparavant, ce qui participe à l’ouverture et à la démocratisation du web.

La multiplication des supports de consultation […] participe aussi à l’expansion du Web. […] Il est probable que les objets connectés prendront de plus en plus de place dans la vie quotidienne dans un avenir proche.

… d’autre part, clairement, l’essor de la consultation du Web sur mobile, tablette, écran de télé, la multiplication des supports de consultation, et l’avènement du concept de site « responsive », pour répondre aux différents supports de consultation. Cela participe aussi à l’expansion du Web, bien qu’amenant son lot de contraintes, rendant la consultation de sites ou de services web bien plus pratique et immédiate : cela fait du Web un véritable outil dont on peut se servir presque n’importe où.

C’est difficile de prévoir les prochaines évolutions, tant le Web a été surprenant jusque-là, mais il est probable que les objets connectés prendront de plus en plus de place dans la vie quotidienne dans un avenir proche. De même, la notion de Big Data, qui consiste à développer un site ou une application dont le contenu est basé sur des données et des préférences utilisateurs, données dynamiques et actualisées régulièrement, se fait de plus en plus présente.

Avez-vous ressenti une évolution de la commande client ces dernières années ? Les besoins changent-ils ?
Oui, en effet, les besoins clients s’adaptent à l’évolution du Web et de ses technologies, en particulier avec les notions de responsive ou d’adaptatif parce que le Web d’aujourd’hui permet de toucher plus de monde, et permet plus d’interactions entre une marque et ses clients, des interactions plus directes et immédiates.

La notion de responsive est intégrée de fait au démarrage d’un projet, et les questions qui se posent maintenant sont de savoir sur quel support un site sera visible, et de quelle manière, ou de décider quel contenu sera visible sur tel ou tel support, ce qui est un choix assez délicat pour les clients qui représentent des marques par exemple. Les clients sont de plus en plus conscients que les device représentent en fait des audiences différentes, et qu’il est bon d’adapter leurs discours en fonction.

De la même manière, il semble que les contraintes d’accessibilité soient de plus en plus prises en compte, et même si on est encore assez loin d’un web complètement accessible, de plus en plus de clients en sont conscients et demandent a minima une bonne qualité de code.

J’ai été surpris par la qualité des projets présentés et j’ai apprécié le sérieux avec lequel les participants ont réalisé leurs ébauches de projets.

Vous étiez membre du jury de la première certifiante Web de Pyramyd. Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?
C’était très intéressant d’être jury ! Ayant été graphiste, je travaille régulièrement avec des graphistes Web, qui sont souvent passés par d’autres médias avant d’arriver au Web, et les contraintes avant tout techniques qu’imposent le développement Web aujourd’hui ne sont pas chose facile à intégrer en venant d’un autre média.

J’ai été surpris par la qualité des projets présentés, en particulier en prenant en compte la durée effective de la formation par rapport à la somme d’informations nécessaires, l’implication des participants m’a étonné. J’ai apprécié le fait que chaque participant puisse choisir un projet, ayant une résonance personnelle ou professionnelle pour eux, et j’ai apprécié le sérieux avec lequel les participants ont réalisé leurs ébauches de projets.

La qualité globale des maquettes présentées dépassait la qualité moyenne des maquettes avec lesquelles je travaille habituellement, et je pense que c’est lié entre autres, au fait que les participants sont principalement indépendants, et pour cette raison, ont besoin d’être encore plus rigoureux dans leur travail que des graphistes travaillant en agence. Il ne faut surtout pas perdre cela !

Que conseilleriez-vous à un graphiste print qui souhaite s’ouvrir au design Web ?
Il est véritablement nécessaire d’avoir la notion des contraintes techniques inhérentes au Web, non seulement les contraintes de réalisation graphique, mais aussi les contraintes techniques, tant le Web est, contrairement aux media plus traditionnels, vivant, évolutif, changeant.

Mes conseils sont relativement simples à énoncer, mais assez compliqués à mettre en oeuvre : aller chercher les bonnes informations, se tenir informé de l’évolution du web, et chercher à comprendre pourquoi le web évolue ainsi.

Le Web est construit sur des standards, bien que le site du W3C ne soit pas le plus agréable à lire, il reste la meilleure source d’informations sur les standards et bonnes pratiques du Web : avant même de chercher une réponse « sur le Web », aller la chercher à la source. C’est aussi le W3C qui est en charge de l’évolution des standards, et cette évolution ne se fait pas au hasard : chercher à comprendre pourquoi le web évolue de la sorte, c’est aussi se rapprocher des standards et des bonnes pratiques.

Je pense en outre qu’il est important de garder à l’esprit la notion de document : une page Web n’est jamais rien d’autre qu’un document qui présente du contenu, et à ce titre, hérite des contraintes de présentation que l’on retrouve dans le Print : titres, paragraphes, sens de lecture, mais aussi marges, gouttières. La véritable différence se fait dans l’utilisation et la consultation que font les utilisateurs d’une page Web, en particulier l’idée qu’une même page Web peut être consultée sur différentes tailles d’écrans.

 

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À propos de l'auteur

Jean loup Fusz

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Jean loup Fusz est graphiste indépendant spécialisé dans la presse et l'édition. Il est également formateur chez Pyramyd sur les logiciels InDesign, Photoshop, DPS et Aquafadas.