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BIVUAK, revue print au cœur d’une formation de création web

Patricia Didier Certifiantes, Portrait 0 Commentaire

Designer graphique et fondateur du magazine BIVUAK, Sébastien Le Gourriérec a récemment peaufiné ses connaissances en matière de numérique en suivant la  formation de Chargé de création Web. Il s’agit pour lui de comprendre et maîtriser les dernières innovations de notre époque pour considérer le digital comme une opportunité  plutôt qu’une contrainte à la création visuelle.

portrait de Sébastien Le GourrierecSébastien Le Gourriérec, vous êtes designer graphique de métier, pourquoi avez-vous souhaité suivre la formation de Chargé de création Web  ?
Issu du métier de graphiste plus axé sur l’impression il s’agissait pour moi, autant d’acquérir de nouveaux savoirs techniques et organisationnels que d’avoir une vue globale sur les différentes étapes qui constituent un projet web. A l’heure où les nouveaux enjeux en terme de communication se situent manifestement dans la voix digitale, il est devenu indispensable pour les graphistes de comprendre, sinon de maîtriser les évolutions numériques de leur métier. Dans une approche pluridisciplinaire je cherchais à gagner en autonomie sur certains projets et à améliorer les échanges avec les différents intervenants de la chaîne de production, comme les développeurs back et front par exemple. La formation répond bien à cette demande en abordant ces aspects très pratiques.

Vous avez conçu un projet de magazine BIVUAK, un mook à la frontière entre le magazine, le livre. Pouvez-vous nous évoquer la genèse de votre projet ?
Nous sommes trois à l’origine du projet, un photographe, un naturaliste et un designer. BIVUAK est né de cette relation que nous entretenons avec la nature : sentir le souffle du monde sauvage, le contempler, vivre la sérénité des grands espaces comme source d’inspiration créative, loin de la recherche d’exploits ou de records. Il s’agit, tout simplement, de montrer la beauté du monde dans ce qu’elle a de plus inspirant.
À la frontière entre le magazine et le livre, BIVUAK est avant tout un mook conçu comme un recueil d’articles aux thématiques variées mais toutes liées à l’exploration, à la nature et au voyage. Au travers d’expériences singulières, artistes, explorateurs et voyageurs y dessinent leur passion commune pour les espaces sauvages.couv-bivuak-web
L’ouvrage propose de faire une pause dans nos quotidiens noyés par un foisonnement informationnel. Nos esprits sont devenus des « surconsommateurs » de contenus jetables, notre projet s’inscrit à une antithèse qui consiste à prendre une respiration qui ressource. La traduction de ce cheminement dans l’espace numérique n’est pas évidente, puisque tout l’intérêt réside justement de s’extraire de cette culture où l’homme se croit maître, on en voit clairement les dangers aujourd’hui. Notre réflexion sur la manière de le traduire sur écrans est en cours, mais nous nous concentrons déjà sur l’ouvrage papier. Mon projet de fin stage concernait déjà BIVUAK sous la forme d’un site e-commerce des diverses éditions que nous allions proposer. On se recentre pour l’instant sur le mook, mais la formation m’a permis de monter un mini-site web pour le préfinancement du livre à travers une campagne de crowdfunding sur la plateforme ulule. Le lancement aura lieu fin avril, on espère le début d’une belle aventure…

Les méthodes (ou techniques) acquises au cours de la formation vous ont-elles permis de porter un nouveau regard sur la création dans votre métier ?
On réinterroge forcément notre quotidien à la lumière des nouveaux savoirs, c’est un processus permanent que la formation cristallise puisque l’on se permet une prise de recul. Comprendre les rouages techniques et les systèmes qui se cachent derrière un site web permet au designer de prendre toute sa place dans le processus. Sans une connaissance minimale, la créativité peut s’en retrouver bloquée, parce qu’elle se retrouve sans assise opérationnelle dans laquelle se concrétiser. Les graphistes “print” abordent souvent le web comme une contrainte très forte en termes de créativité. Ce ressenti est lié aux diverses imbrications qui peuvent se révéler très vite un casse-tête entre la pluralité des navigateurs et leurs interprétations propres, le coût et l’exigence du développement de certaines fonctionnalités, la prise en compte des nombreux terminaux aux tailles d’écran hétérogènes, les réglages typographiques délicats, le temps de chargement d’une page, etc. Pour que cette créativité s’exprime il faut un minimum de maîtrise technique qui peut rebuter le novice, mais les contraintes nous poussent à progresser et petit à petit les barrières se lèvent.

bivuak-visuels8En outre, le créatif est rarement seul à bord, une complémentarité doit s’opérer entre les équipes de développement et la partie stratégique et créative, ce lien est absolument fondamental pour la réussite d’un projet. La formation aborde justement cette relation à la recherche d’un langage commun et d’une compréhension mutuelle.

Qu’apporte la transformation digitale aux designers/auteurs, mais aussi aux lecteurs ?
La révolution numérique n’en est qu’à ses débuts, même s’ils bouleversent déjà notre vie de tous les jours, les outils sont très jeunes dans notre histoire collective.
Il y a bien évidemment l’évolution des outils qui deviennent extrêmement performants, mais plus qu’une simple amélioration, il est question de réinvention des modes d’usages qui se complexifient et qui impliquent une adaptation permanente des designers. Plus concrètement, dans nos métiers liés à la création graphique il y a des aspects qu’on ne percevaient pas il y a de ça quelques années. Je pense par exemple à l’Ux design que j’ai découvert lors de la formation ; là, on y comprendre que le digital va plus loin qu’un document imprimé seul. Ce n’est plus seulement une information descendante, mais une histoire qui se raconte où le lecteur/internaute commence à jouer son rôle, il interagit. A la rencontre de la sociologie et la technique, un design d’expérience utilisateur bien mené met l’humain au centre des préoccupations, ça devient alors particulièrement intéressant car on dépasse le cadre de l’usager ou du client d’antan, on entre dans un système d’interaction et d’inter-relation dynamique.

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A titre personnel, quels points essentiels retenez-vous de votre formation ?
L’aspect intéressant de la formation est qu’elle aborde l’ensemble des disciplines qui interviennent sur un projet web, charge ensuite à chaque stagiaire d’approfondir l’une ou l’autre en fonction de l’orientation de son travail. L’approche Ux design m’a vraiment enthousiasmé, on a vraiment envie d’approfondir la discipline, parce que l’on sent qu’il y a un vaste champ d’exploration qui permet de poser les questions essentielles. On élève ainsi le niveau technique en insufflant de la réflexion et du sens, c’est une discussion co-construite avec l’équipe projet et l’utilisateur final. J’aime ce travail de recherche de sens que les projets axés sur les contraintes ont tendances à camoufler.
Dans le domaine de la conception, on traite aussi les notions de prototypages, c’est très ludique. Une fois la formation terminée, j’ai eu l’occasion de travailler sur plusieurs projets où l’élaboration d’un prototype était nécessaire. Grâce au nouvel outil Adobe XD — à la prise en main très aisée — j’ai pu rapidement concevoir des propositions.
Le côté intégration est abordé également et marque l’importance de la compréhension du fonctionnement du code pour la conception et le design. La rigueur que le code impose n’est pas un exercice inintéressant, et puis un peu de CSS n’a jamais fait de mal.
Par ailleurs, comme nous sommes peu nombreux dans la formation, les échanges avec d’autres professionnels, autant stagiaires que professeurs, sont vraiment facilités. Nous avons tous des trucs et astuces, des anecdotes, des expériences à partager, le tout dans une ambiance décontractée.

Que souhaiteriez-vous vivre comme expérience de formation avec PYRAMYD dans quelques années ?
La formation tout au long de sa vie professionnelle est un enjeu majeur là où les métiers, les usages et les techniques évoluent de manière exponentielle. A ce titre, le système d’enseignement français, encore trop basé sur la formation initiale, doit évoluer vers une intégration plus intime dans la vie des entreprises. La productivité qui peu à peu est assurée par des algorithmes nous invite à insuffler de plus en plus de “matière grise” et de sens. Professionnellement parlant, il me semble que la technique n’est rien si elle n’est pas appuyée par une réflexion de fond, et inversement, une réflexion est caduque si elle ne s’exprime pas de manière pratique. La connexion et l’équilibre entre le deux sont importants, mais on ne doit surtout pas oublier que l’humain doit rester au centre de toutes nos attentions.

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Retrouvez le programme de nos formations Certifiantes….

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À propos de l'auteur

Patricia Didier

Collaboratrice chez Pyramyd, chargée de la coordination des formations et de l'animation du blog.